L’information peut sembler anodine mais c’est encore une avancée du NoFollow, l’attribut qui permet d’annoncer aux moteurs de recherche qu’ils ne doivent pas suivre un lien. Je parle de l’ajout sur Twitter de cet attribut sur les liens sortants qui se situent sous les « Tweets », dix jours à peine après la publication par l’ami Tiger d’un article qui expliquait comment obtenir des liens en dofollow sur Twitter. A bien y réfléchir, ce genre d’évolution est caractéristique du Web actuel, et me semble assez important (voire grave) pour mériter un retour en détails.
Pour qu’on soit bien d’accord, je parle de ces liens-là (souligné de rouge) :

Twitter passe tous ses liens en nofollow
L’Utopie…
Dans les grandes lignes, on avait au début d’Internet des « îlots » de contenu, mis à disposition sous forme de sites par une sorte d’élite qui maîtrisait l’outil informatique. Ces sites renvoyaient vers d’autres sites au moyen de liens HTML, pour promouvoir un contenu intéressant. Avec l’apparition des blogs et des réseaux sociaux, les îlots ont mergé pour aboutir sur un gros Internet interconnecté, où tout un chacun peut beaucoup plus facilement partager ses opinions. Dans l’Utopie de base, un lien HTML est un moyen de témoigner du respect, d’attirer l’attention, ou de remercier un auteur pour une contribution quelconque.
Le Lien HTML (je ne résiste pas à l’envie de la majuscule) est donc en quelque sorte la transposition informatique du « lien social » ainsi créé (rappel : on appelle « lien social » l’ensemble des relations qui unissent des individus faisant partie d’un même groupe social et/ou qui établissent des règles sociales entre individus, merci Brises.org). L’ensemble des contenus, de plus en plus liés entre eux, forme le Web2.0 ou web social.
Les plates-formes de mise à disposition de contenu, quelque soit leur type (blogs, réseaux sociaux, …) utilisent donc le contenu généré par les utilisateurs (« UGC » pour « User Generated Content ») pour exister. C’est leur essence: les utilisateurs publient des contenus frais et uniques, qui permettent aux services de se faire connaitre (créations spontanées de liens vers les contenus intéressants, référencement naturel des contenus en question…) et ainsi d’attirer de nouveaux auteurs qui publieront à leur tour des contenus uniques, et ainsi de suite, enclenchant un cercle vertueux de croissance. C’est ce qu’on fait, par exemple et pour ne citer qu’eux, Facebook, Twitter et Wikipedia: la grande fraternité de leurs utilisateurs participent activement au développement du service, sans même demander une rémunération.
…et le monde des rapaces
Là où le bat blesse, c’est quand les services, au lieu d’être les « souches » sur lesquelles se développent un Web social « sain », sont devenus de vulgaires parasites. Partout sur ce genre de services, les liens sortants sont passés en NoFollow, « pour éviter le spam ». Facebook va même, sur les flux RSS importés dans les Fan Pages, jusqu’à réécrire tous les liens sortants pour en faire des redirections qui ne seront pas prises en compte par les moteurs de recherche. De cette manière, la puissance de positionnement de la plate-forme lui permet très souvent de passer devant le site d’origine du contenu :

Facebook dans les SERPs, devant l'article d'origine
Facebook n’est pas le seul service à aller dans ce sens. Ainsi, Tijuana.fr a déjà expliqué comment Wikio, puis Blogbang, avaient « arnaqué » les producteurs de contenus de la même façon.
Pour en revenir à l’information du jour, donc au NoFollow sur Twitter, je trouve que l’ajout du NoFollow est une façon de cracher à la face des producteurs de contenus que sont les utilisateurs. C’est comme si Twitter disait clairement : « oui, ton contenu m’est utile et mérite d’être indexé sur Google, mais non, ne t’attends pas à ce que je te remercie ».
C’est à croire que Twitter a des problèmes avec son référencement naturel, avec pourtant… quelques pages correctement indexées chez Google :

Pages de Twitter.com indexées sur Google
Pourtant, avec seulement 3 ou 4 pages de départ et plus de 120 millions indexées (donc: créées par les utilsateurs), on pourrait croire que Twitter n’est pas à quelques liens près. Et si. A tel point qu’ils en arrivent à aller « NoFollow-iser » les quelques pauvres liens à moitié cachés qui restaient libres sur la plate-forme.
Tu sais où tu peux te le mettre, ton Web Squared?
Et maintenant arrive à grand pas le Web Squared ou Web3.0. Grosso modo, se cache derrière ces termes à la mode le « web sémantique » où les données, non seulement aggrégées en temps réel comme c’est déjà le cas à droite et à gauche, pourront être comprises par les aggrégateurs au moyen de méta-données qui leur permettront d’en saisir le sens.
En gros, produire du texte brut ne suffira bientôt plus et il faudra en plus expliquer aux voleurs à quoi sert exactement leur butin.
Didier Sampaolo, consultant en marketing internet, spécialisé en référencement naturel



Je crache aussi dessus !
Twitter, pourquoi tu nous fais chier avec tes nofollows ? T’as pas assez de contenu ? On te rapporte pas assez d’argent ? Ah non, en effet, t’as toujours pas trouver comment rentabiliser ton business ! Tu devrais peut-être commencer par ça plutôt que de perdre ton temps à pourrir les gens qui travaillent et ont des idées
Utiliser le nofollow a des fins de PR sculpting, il parait que c’est pas bien mais qui l’utilise et serait prêt à confirmer ? je fais partie des vierges de cet attribut (-> suis dehors lol)
Je me suis douté en voyant ce mini buzz seo que twitter réagirait à la négative la dessus . Ils n’ont trouvé d’autres moyens que le nofollow pour éviter les spammeurs, et je pense que cette réaction rapide a été engendré par un début de vague de spam très vite repéré. Perso, j’ai toujours détesté le principe du nofollow pour le PR sculting pour les mêmes raisons qui font que tot ou tard, ces critères allaient êtres modifiés, et ca l’a été…
b@x: comme le dit Djolhan, le nofollow pour le pr sculpting ne fonctionne plus: les liens internes avec du nofollow sont comptabilisés comme des liens normaux au niveau de la « fuite » de PR mais, à cause du NoFollow, le PR en question n’aboutit nulle part. La news a été répandue il y a un mois ou deux mais d’après Matt Cutts, cela fait plus d’un an que c’est en place.
Djolhan: en effet, on se doutait tous que ça finirait par changer mais la plupart du temps, il faut avouer que c’était bien pratique.
Didier, j’ai aussi lu la com de Google à ce sujet mais vois-tu, sur ce genre de trucs, j’ai tendance à pas spécialement leur faire confiance (il n’y a qu’à voir le Google Bombing par exemple qui n’a jamais cessé de fonctionner)
b@x: oui, très bon exemple. Le Google Bombing a été annoncé comme mort plusieurs fois, pourtant
On constate effectivement que de plus en plus de services utilisent le nofollow dès qu’un lien sort de chez eux. Je suis assez d’accord avec toi mais honnêtement tu aurais un site à gros PR et avec beaucoup de trust rank, tu te ferait spammer à mort par des sites de vente de viagra et autres et tu en aurais vite marre. Surtout que tu prendrais le risque de te faire taper sur les doigts par Matt Cutts pour avoir fait des liens vers des site de méchant (bouuuu).
C’est tellement plus simple de mettre un nofollow, plutôt que d’embaucher des modérateurs pour traquer ces spammeurs…
Didier, ton lien vers le site de Tiger, c’est normal si tu dis « liens en nofollow » alors que l’article ainsi le script traite de « liens en dofollow sur twitter » ? c’est ironique ? (en tout cas, merci pour cet article
A ceci prêt que le nofollow tout seul ne suffit pas pour éloigner les spammeurs et beaucoup de scripts ne se basent pas dessus pour te balancer du lien plus que louche dès que tu es un tant soit peu positionné dans les moteurs justement :-/
Oui, enfin, pour les quelques commentaires spammy qui subsistent sur les wordpress, il y a akismet
Bah, perso, faire du blé avec du social, c’est pas ma tasse de thé, j’ai l’impression de pisser dans la mer. Twitter peut bien faire ce qu’il veut avec ses liens raccourcis en nofollow. On ne pourra pas améliorer directement le positionnement du site lié, mais le buzz que ça ferait sur twitter pourrait peut etre faire en sorte qu’on nous lie ailleurs sur cette planète.
Je crois de moins en moins au netlinking externe comme facteur essentiel de positionnement d’un site, ce n’est plus le 50% du taff d’un SEO comme on pouvait le dire il y a quelques temps.
Ah bon ? C’est nouveau ca alors
Je vois des sites se positionner sur une requête forte « création site internet » (je suis 2eme actuellement) et je t’assures que ce n’est pas grâce a l’optimisation de leur site mais bien à cause du netlinking barbare (pour certain bien sur)
Je ne donne pas de noms, pas envie d’entrer la dedans, mais si certains s’en sortent avec une bonne optimisation; d’autre aussi avec un bon netlinking. Apres, en associant les 2 on fait de bonnes choses, mais de la à dire que ce n’est plus un facteur essentiel pour le positionnement, je ne suis pas d’accord, à mon grand regret d’ailleurs. D’un autre coté,, si sur des requêtes à forte concurrence, c’est obligatoire, sur des petites requêtes à faible concurrence, je suis tout à fait d’accord avec toi, une bonne optimisation suffira largement
De toute façon, mon avis est que le nofollow est/sera de moins en moins/plus du tout pris en compte par les moteurs tradi vu comment s’en servent les réseaux sociaux pour les éloigner de la recherche en temps réel.
Allez, j’étais en train de répondre avec une possible théorie concernant l’importance du netlinking suivant la typologie de requête de l’internaute, mais ça commençait à être trop long, du coup je l’ai fait sur mon blogue de l’internet : http://e-jori.com/post/2009/08/14/%5Btheorie%5D-L-importance-du-netlinking-suivant-le-type-de-requete
Je pense comme b@x que le nofollow ne résistera pas à terme. IL y aura d’autres moyens plus subtil d’indiquer le spam!
A nous de faire mieux et de se servir de ces sites.
Pour le nofollow, ça passe depuis longtemps, un lien est un lien.
Je rejoins Djolhan, le nerf de la guerre, c’est le lien!
Pour moi le problème majeur n’est plus le nofollow mais les raccourciceurs d’url. Le résultat est le même sauf que nous n’avons plus le contrôle des adresses. MySpace avait fait un truc sous couvert de sécurité mais il en résulte qu’ils ont la main mise sur tous les liens sortants de leur portail.
Le lien tel que nous le connaissons est en train de disparaitre pour devenir commercial, libre à vous d’utiliser des services tiers pour aiguiller vos visiteurs mais pour moi la solution choisie par Twitter ne va pas dans le bon sens, d’autant plus qu’il s’agit ici d’information. Pour ce qui est du nofollow en général je crois qu’il ne faut pas miser sa stratégie là dessus…
Même l’url du membre sur twitter est en nofollow, de toute façon mise à part de l’adsense (et encore!) le modèle économique de twitter fait peur !
Des millions de membres ‘geek’ très souvent anti-pub donc.. ce n’est pas gagné !
Bonne fin d’après-midi ! Gael