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PR Sculpting, Bot Herding…

Le PR Sculpting est une technique « avancée » de référencement qui permet, en contrôlant la structure de ses liens internes, de favoriser les pages d’un site internet sur lesquelles on souhaite attirer du trafic. Exemple très basique: la page « contact » d’un site est souvent liée depuis toutes les pages de ce site, alors qu’elle est totalement inutile en termes de référencement. Une partie trop importante du « pagerank interne » du site est accordée à cette page, ce qui pénalise les pages plus importantes (par exemple, pages présentant des produits). Pour le vocabulaire, au lieu de « pagerank interne », d’autres diront « Link Juice », ou autres. Quelque soit la philosophie qu’on y voit, le constat reste valide: il faut optimiser la popularité apparente des pages de notre site. Dans notre exemple, nous enlèverons (ou, du moins, nous cacherons aux yeux des moteurs) la plupart des liens pointant vers la page Contact.

(Si vous voulez en savoir plus sur le fonctionnement du PageRank et son algorithme, je vous renvoie sur l’excellent article de Dan sur Webmaster-Hub)

Quand on parle de PR Sculpting, il faut d’abord parler du changement dans le NoFollow annoncé par Matt Cutts (rappel : beaucoup de référenceurs ont pensé que c’était un énorme pipeau de la part de Google). Avant, quand on mettait un lien interne en nofollow, le lien n’était plus du tout pris en compte dans le calcul de la « popularité » qu’apportaient les autres liens. Après (donc, maintenant), la part de « popularité » qu’un lien aurait du apporter était tout simplement perdue. On se servait donc beaucoup du nofollow pour « cacher » proprement des liens internes indésirables (qui pointaient vers la page Contact, dans notre exemple).

Même à la bonne époque, certains doutaient déjà de l’efficacité de la technique, alors que d’autres annonçaient de bons résultats. Je cite un article de Kilroy dans Carnets du Référencement :

Certains référenceurs ont testé l’efficacité de cette technique sur leurs sites ou sur des sites spécialement mis en place. C’est le cas de Rand Fishkin de SEOMoz qui en parle dans ce post et surtout celui ci. Pour lui, pas de problème, ça fonctionne. Dave Naylor, un référenceur britannique est plus circonspect. Pour lui, et pour Matt Cuts qu’il a interrogé, il sera souvent plus efficace d’augmenter la popularité du site (donc de faire du link building) que de mieux la répartir en interne.

La vérité est que cela peut marcher très bien, notamment sur des sites avec de gros volumes de pages, à condition qu’on élargisse l’étude complète des liens internes d’un site (à plusieurs échelles: page à page, par catégorie, par niveau de profondeur, …) et qu’on aille plus loin que simplement chercher à « étaler du pagerank » ! Je préfère d’ailleurs personnellement l’expression « Bot Herding » (lire l’excellent PageRank Sculpting, Bot Herding et Siloing de l’ami Aurélien Bardon), qui résume un concept plus large. L’idée qui rend le « PR Sculpting » efficace serait donc le fait de donner des directions aux bots (dont le robot d’exploration de Google, le fameux GoogleBot) afin qu’ils favorisent les pages-objectifs d’un site, qu’ils y reviennent plus souvent. On indique donc clairement au moteur quelles sont les pages que nous souhaitons particulièrement porter à son attention, et donc celles qui devraient le mieux ranker.

Malgré l’annonce de Matt Cutts, qui tue le PR Sculpting via NoFollow, le petit monde du référencement n’arrive pas vraiment à se mettre d’accord sur l’utilité ou pas de la technique. Preuve en est, encore aujourd’hui, l’article à ce sujet publié sur SEOmoz. L’auteur, Danny Dover (lisez les « fun facts », ce mec est fou), sait généralement de quoi il parle et malgré les tests effectués, il n’arrive pas à tirer de conclusion sur la technique.

Mais bref ! Revenons au Bot Herding. Pour indiquer à un moteur de recherche quelles pages on veut qu’il crawle, il faut déjà s’assurer qu’il trouve facilement des liens qui pointent vers elles. Par exemple, sur un blog, on peut proposer sur toutes les pages des liens vers les derniers articles. Quelque soit la page que le moteur crawlera en premier, il verra ses liens et saura qu’il a de nouvelles pages à indexer. Ensuite, il faut lier les pages entre elles. Sur un blog, un plugin qui affiche les posts reliés au post courant (related posts, yarpp…) est un bon début puisqu’il propose des liens internes (plus ou moins) différents sur chaque page. Mais il ne faut pas s’arrêter là !

En référencement, le meilleur lien est un lien innocemment « noyé » dans un contenu texte portant sémantiquement sur le même sujet, ou presque. C’est donc simple: il faut écrire du contenu tournant autour de l’expression à faire remonter (par exemple dans de nouveaux posts…) et lier l’expression depuis ce texte. Ces liens internes apportent de la sémantique et de la popularité à la page de destination, mais attention, si vous placez la même ancre sur tous, la page risque fort de se retrouver pénalisée. Attention donc aux plugins qui gèrent ces liens (comme Automatic SEO Links), à utiliser avec parcimonie. Un placement des liens à la main, même si c’est un travail beaucoup plus long, permet de travailler beaucoup plus finement.

Attention aussi aux pages que vous souhaitez mettre en avant. Choisir systématiquement celles qui ramènent le plus de trafic peut sembler être une bonne idée mais vous risquez d’entrer dans un système qui se mord la queue en boostant des mots-clefs déjà bien positionnés mais délaissant des nouveaux contenus qui auraient un fort potentiel.

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